Conakry: le calvaire de ceux qui cherchent des logements

Conakry: le calvaire de ceux qui cherchent des logements
0 commentaires, 7 - 11 - 2015, by admin

Par Karim Gandhi Diallo, à Conakry L’accès à un logement décent et au juste prix en Guinée est une des préoccupations majeures de la population. La problématique du coût du loyer dépasse le prisme de l'actualité qui la limite plus à une simple expression. Les enjeux sont multiples et les problèmes récurrents se posent avec une grande acuité qui nous interpelle d’une façon ou d’une autre. Devenue une ville émergente et très peuplée, la capitale guinéenne fait face à de nombreuses difficultés dont celle du loyer. Ainsi un logement à Conakry coûte les yeux de la tête. Coincés entre le marteau de propriétaires cupides et l’enclume de courtiers avides, les urbains ne savent plus à quel saint se vouer face à des prix qui flambent chaque jour. Pour se trouver un logement à Conakry, c’est de l’argent cash quel que soit ta provenance. Aucune autre assurance n’est prise en compte. Le mot d’ordre est connu, partout où vous allez le paiement d’une avance est une obligation entre six mois par conciliation ou de un à deux ans sans délais. Sans oublié une fois le marché conclu, vous devez faire face aux droits de celui qui vous a aidé dans les démarches. Ces intermédiaires, communément appelés démarcheurs, exigent le paiement du montant mensuel conclu avec le propriétaire du logement. Aujourd’hui, avoir un logement à Conakry il ne serait qu’une entrer-coucher, ou une chambre simple est estimée enter 150.000GNF et 200.000 ; un logement de deux chambre plus un salon, sans toilettes internes, se négocie à partir de 350.000 GNF. Avec toilettes internes, le minimum à débourser se situe entre 400.000 et 500.000 GNF. Et retenez bien le SIMG en Guinée est de 440.000 quel déserte. L’Etat reste bouche-bée C’est à l’Etat de mettre en place une politique sociale de l’habitat par la création de structures parapubliques pour faciliter la production de logements et permettre l’accès à un plus grand nombre d’agents de l’Etat et de particuliers. Ainsi parallèlement à l’offre de logements proposée par les propriétaires bailleurs, les promoteurs publics pourront pleinement mettre sur le marché de logements décents avec des conditions d’accessibilité favorables. Aujourd’hui quand nous parcourons les rues de Conakry et sa banlieue, on a comme l’impression que les immeubles poussent comme des champignons. Cette forte croissance n’a pas manqué d’engendrer des dysfonctionnements et des distorsions notamment, une forte spéculation foncière, rareté des réserves foncières, flambée des prix de l’immobilier, manque de respect des normes de construction et des règlements d’urbanisme et d’habitat, absence de professionnalisme et d’intervenants de qualité etc. Autant de problèmes qui interpellent en premier lieu l’Etat, premier gestionnaire des sols et garant de la stabilité économique et sociale. Quand nous regardons le visage de la capitale nous avons l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. mMais une analyse objective nous amène à pointer du doigt toutes ces imperfections et insuffisances soulevées plus haut et qu’il urge d’apporter des solutions opérationnelles et efficaces pour développer la production de logements à même de satisfaire une demande de plus en plus soutenue et exigeante. Dans cette perspective, nos textes juridiques se doivent de réglementer le secteur, en parfaite désuétude, et doivent être revisités et adaptés au monde moderne pour le plus grand bien du consommateur et contribuable Guinéens. Des mesures institutionnelles, législatives et réglementaires doivent être prises pour lever les obstacles qui freinent le développement du secteur. L’Etat se doit de penser sur des outils en matières d’urbanisme prévisionnel et opérationnel ainsi que des techniques d’ingénierie financières et immobilière pour développer l’offre de logements et participer à la rénovation ou restructuration urbaine de nos localités. Sur le plan de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, à défaut de la création d’une nouvelle capitale pour désengorger Conakry, l’Etat devrait opter pour une extension vers de nouvelles Zones en produisant de nouveaux programmes immobilier aussi bien résidentiels, qu’industriels et touristiques aux normes et standards internationaux pour contrôler la pression du marché du logement, attirer des investissements étrangers et booster l’industrie touristique avec les atouts naturels que possèdent notre pays. A titre d’exemple, à l’image de ce qui se fait au Maroc et plus particulièrement à Marrakech, où le centre ville Gueliz est essentiellement constitué d’immeubles résidentiels d’au minimum R+5 réalisés par des professionnels qui les revendent en copropriété par l’intermédiaire des agences ou courtiers. Le secteur de l’immobilier étant stratégique vue son importance dans la production nationale, une véritable politique de l’habitat doit être poursuivie. D’un point de vue économique, l’activité génère un nombre d’emplois considérable dans le secteur du bâtiment en ses diverses branches, directement et ou indirectement. Car les immeubles construits doivent être vendus ou gérés par des professionnels de l’immobilier, administrateurs de biens, gestionnaires de copropriété, ce qui crée encore des emplois dans le secteur. On connait le dicton « quand le bâtiment va, tout va ». En tout cas, par tout dans la capitale guinéenne, de la banlieue au centre ville en passant par les quartiers résidentiels, c’est la même litanie, les mêmes complaintes contre des prix devenus démentiels. Un casse-tête infernal pour de nombreux Conakryka qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

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