Capitaine Dadis Camara : " Si un jour Dieu décide que je retourne en Guinée, ça se fera..."

Capitaine Dadis Camara :
0 commentaires, 14 - 8 - 2014, by admin

Dans un entretien téléphonique de quatre minutes accordé, ce mercredi 13 août 2014, au Correspondant de www.kababachir.com à Dakar, l'ancien homme fort de la junte militaire guinéenne déclare avoir la nostalgie de la Guinée, des Guinéens et de ses parents, mais qu'il est « astreint de rester au Burkina Faso et empêché de rentrer au bercail durant tout le temps que Dieu voudra », ajoutant qu' « à l'impossible, nul n'est tenu ». Nous vous livrons, in extenso le contenu de cet entretien. Décapant ! Bonsoir, Excellence Monsieur le Président et infiniment merci pour l'honneur que vous me faites d'échanger avec moi cette nuit. Capitaine Dadis : C'est normal que je parle avec vous, comme je le fais d'ailleurs avec tous les Guinéens de tout bord, qu'ils soient hommes politiques, simples citoyens, cadres, journalistes ou stagiaires. Je suis toujours allé à la rencontre de mes compatriotes qui viennent ici à Ouagadougou, puisque je ne m'identifie qu'à la Guinée et aux Guinéens. Alors, je suis actuellement à l'hôtel Ouaga Beach avec mon frère et ami Faya Millimono, le Président du parti Bloc Libéral, qui m'a fait l'honneur de venir me rendre une visite de courtoisie. Il m'a largement parlé des motifs et des circonstances de votre départ de la Guinée pour un exil vous ayant conduit à Dakar. Je ne peux que vous encourager et vous dire que l'homme suit toujours son destin. Il faut avoir foi en Dieu, tout le reste relève des faits divers. Alors, accrochez-vous, prenez la vie du bon côté et Dieu fera le reste. Merci, Monsieur le Président. Et le moral ? Capitaine Dadis Camara : Ecoutez, moi j'ai un moral d'acier sinon je ne serais plus de ce monde. C'est ce que je viens de vous conseiller également, de prendre la vie du bon côté et d'avoir foi en Dieu. Lorsqu'on a foi en Dieu, on surmonte toutes les épreuves qui se dressent devant soi. Confirmez-vous que vous avez été auditionné dans le cadre du dossier des événements du 28 septembre ? Si oui, qu'avez-vous dit aux juges d'instruction ? Capitaine Dadis Camara : Je confirme que j'ai déjà été effectivement auditionné, depuis le 28 février dernier, par une Commission rogatoire. Mais, je me réserve le droit d'éventrer le secret de l'instruction. Toutefois, ne craignez-vous pas d'être inculpé et traduit devant la justice ? Capitaine Dadis Camara : Ecoutez, moi je me suis acquitté de mon devoir de citoyen respectueux de la loi, en répondant aux questions des juges selon ma ferme conviction. Personne n'est au dessus de la loi. Je me réserve d'anticiper sur la décision de la justice. Toujours est-il que je me prêterais toujours aux questions de la justice tant que cela sera nécessaire. En retour, j'ose croire que le droit sera dit. Mais une fois encore je réitère que personne n'est au dessus de la loi. Pourquoi votre séjour se prolonge-t-il à Ouaga ? Ou bien c'est vous-même qui le désirez ainsi ? Capitaine Dadis Camara : Non, ce n'est pas de gaieté de cœur que je me retrouve toujours à Ouaga, quand bien même je suis très bien traité par les plus hautes autorités et le peuple Burkinabè. La patrie reste et demeure la patrie. J'en ai la nostalgie réelle. J'ai bel et bien la nostalgie de la Guinée, des Guinéens et de mes parents. Mais, je me dis que chaque chose se fait en son temps. A l'impossible, nul n'est tenu. Si un jour Dieu décide que je retourne en Guinée pour voir mes amis et mes parents, ça se fera. Personne ne peut s'opposer à la volonté de Dieu. En tout cas, je veux bien rentrer au bercail, mais j'en suis empêché. Par qui ? Je ne saurais le dire avec exactitude. Quelles sont vos relations avec les autorités guinéennes, notamment le Président de la République, le Pr Alpha Condé ? Capitaine Dadis Camara : J'entretiens de très bonnes relations avec tous les Guinéens. Que ce soit avec les autorités, les hommes politiques ou les citoyens ordinaires mes relations sont au beau fixe. Quelle est la provenance des ressources qui vous permettent de vivre au Burkina ? Capitaine Dadis Camara : Ah non, je saurais vous détailler ma vie privée. Je sais que vous voulez savoir si oui ou non je bénéficie d'un statut et d'un traitement d'ancien Chef d'Etat. Si telle est votre curiosité, je réponds tout de suite en disant non. Cela n'est pas encore fait. Mais, je touche quand même mon salaire de militaire qui est un droit inaliénable. Merci, Monsieur le Président et passez une excellente nuit Capitaine Dadis Camara : C'est moi qui vous remercie. Entretien réalisé par Mandian SIDIBE, Correspondant de www.kababachir.com à Dakar

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