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En Afrique, les ravages de la faim à l'aune des pénuries

En Afrique, les ravages de la faim à l'aune des pénuries
0 commentaires, 18 - 1 - 2023, by admin

2023, Le monde qui vient (24/53). Menace de récession mondiale, inflation... En 2023, l'ombre de la famine se renforce au-dessus de l'Afrique. Mais elle sera probablement plus le résultat de pénuries que de hausses des prix.
Le monde aborde 2023 sur fond de crise alimentaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM), l'agence onusienne qui coordonne la distribution de cette aide, constate que le nombre de personnes confrontées à une sévère insécurité alimentaire a bondi de 282 millions fin 2021 à 345 millions en 2022. Quelque 50 millions d'individus pourraient commencer 2023 au seuil de la famine et mourir de faim dans les mois qui viennent.
Jusqu'à présent, le problème provenait en grande partie de la spirale des prix des produits alimentaires plutôt que de leur indisponibilité. La Russie et l'Ukraine comptaient parmi les cinq principaux exportateurs mondiaux de produits à base d'orge, de maïs et de tournesol. Aussi lorsque la guerre a éclaté, les fournitures de nombreux produits de base ont été sérieusement affectées.
Les pays les plus touchés comptent parmi les plus pauvres du monde. Le Soudan, la Tanzanie et l'Ouganda, par exemple, dépendaient de la Russie et de l'Ukraine pour plus de 40% de leurs importations de blé. Mais les conséquences se sont fait sentir partout. Les prix mondiaux de l'alimentation sont montés en flèche tandis que certains pays comme l'Inde et l'Argentine réagissaient à coups de restrictions commerciales. L'ensemble des programmes de secours d'urgence a été affecté du fait que le PAM achète habituellement à l'Ukraine la moitié du blé qu'il distribue.
La faiblesse de la croissance économique pèse sur la demande. Et dans certaines régions l'inflation commence à régresser. L'indice des prix de l'alimentation de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui mesure les variations mensuelles des prix internationaux des matières premières alimentaires, a graduellement baissé depuis son haut historique de mars 2022.
L'ONU a averti que le monde risquait de passer d'une inflation des prix de l'alimentation à une pénurie pure et simple de nourriture. La production d'engrais azotés s'est effondrée suite à la baisse des exportations russes de gaz naturel, qui en est un composant essentiel. Les agriculteurs utilisent moins d'engrais, changent de cultures et réduisent leur production.
En 2023, les gens auront faim pour de nombreuses raisons différentes. Dans les zones de conflit comme l'Afghanistan, l'Ethiopie et le Yémen, l'activité agricole sera perturbée. Du fait du changement climatique, les épisodes météorologiques extrêmes, comme les inondations au Pakistan et la sécheresse dans la Corne de l'Afrique, deviendront plus fréquents.
Ailleurs, y compris dans des pays riches comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, et chez les gros producteurs de produits alimentaires comme le Brésil et l'Inde, le problème est tout simplement la pauvreté. Du fait de la concomitance d'une inflation élevée et d'une économie mondiale en ralentissement, de nombreuses personnes ont du mal à payer la nourriture dont elles ont besoin.
Les femmes et les enfants d'abord
Les conséquences des pénuries alimentaires sont peu réjouissantes. Avoir faim augmente le risque d'affections chroniques comme les maladies cardiaques ou le diabète. Les femmes sont le plus affectées. En 2021, selon la FAO, 31,9% des femmes dans le monde étaient sujettes à une insécurité alimentaire de modérée à grave, contre 27,6% des hommes, et cet écart tend à se creuser. Une enquête de l'ONG Care a mis en lumière le rapport direct entre inégalité de genre et insécurité alimentaire.
En Somalie, les hommes déclaraient manger moins et les femmes avouaient sauter carrément des repas. Le rapport cite une Nigériane: "Nous avons réduit la quantité de nourriture pour tout le monde, dit-elle, sauf pour mon mari qui est le maître de maison."
Chez les enfants, la faim entrave le développement du cerveau et diminue l'immunité. Il suffit de quelques mois de malnutrition durant l'enfance pour réduire l'espoir d''une vie saine et productive. Dans une école maternelle pour enfants déshérités de Sao Paulo, la directrice voit arriver pour le petit déjeuner un nombre croissant d'enfants qui n'ont rien mangé depuis le déjeuner que leur a servi l'école la veille.
Il en résulte que ces enfants sont plus chétifs, plus facilement malades et plus lents à apprendre. Pour eux, les effets de la crise alimentaire actuelle perdureront bien après la réorganisation des chaînes d'approvisionnement et la baisse des prix de l'alimentation.
The Economist

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