Retrouvez en temps réel et en continu des infos inédites sur le site phare de la Guinée

Disparition de Sidya Touré: ma part de vérité ( Morgan de Fotoba )

Disparition de Sidya Touré: ma part de vérité ( Morgan de Fotoba )
0 commentaires, 28 - 9 - 2026, by admin

Par Morgan de Fotoba
Je puis témoigner de l'aura deSidya Touréde puis l'annonce de sa disparition, pour ceux qui en doutaient encore. Toutes les souffrances qui lui ont été infligées auront finalement été vaines.
Même ses anciens adversaires ont reconnu l'amour profond que cet homme portait à sa patrie. Doté d'une résilience remarquable, il a su encaisser les coups sans jamais jouer les Cassandre ni céder au pessimisme.
Fait notable, Sidya Touré fut un véritable rassembleur pour ceux qui savent lire entre les lignes. Il s'est toujours placé au-dessus des considérations ethniques, notamment face à la honteuse formule du « trois contre un ».
Personnellement, j'ai fait la connaissance de ce gestionnaire hors pair grâce à un confrère, Souleymane Alef Diallo, qui me conduisit dans les locaux du journal La Chronique, un hebdomadaire d'informations politiques. Il s'agissait d'un journal d'opinion, pour reprendre le jargon professionnel, et de l'organe de presse de l'UFR.
J'avais alors la charge de rédiger les comptes rendus des réunions tenues au siège du parti, à Matam, pour le compte de ce journal. Elhadj Saliou Diallo en était le rédacteur en chef, tandis que feu Barbara Fofana figurait parmi les correcteurs.
Comme beaucoup de journaux d'opinion, La Chronique faisait face à des difficultés de rentabilité. Se vendant très peu, il était essentiellement distribué gratuitement aux militants. À l'occasion du Nouvel An, en janvier 2001, nous avons sollicité une audience auprès du principal bailleur de fonds du journal. Nous fûmes reçus dans le petit salon, à la fois sobre et élégant, de la résidence du président de l'UFR.
Après les salutations d'usage, mon rédacteur en chef exposa l'objet de notre visite : la relance de La Chronique. Il lui présenta le devis correspondant. En économiste et gestionnaire averti, Sidya Touré nous fit alors une remarque restée gravée dans ma mémoire : « mais je ne vois pas la partie relative aux recettes ! »
Qu'à cela ne tienne, nous avons su nous accorder pour repartir sur une nouvelle base de collaboration.
Ironie du sort, c'est au quatrième étage de l'immeuble Le Golfe, dans le bureau de l'un des conseillers du président, feu Dr Dioubaté, que nous avons suivi les images des attentats contre les tours jumelles du World Trade Center de New York.
Les jours de bouclage, ce moment crucial consacré aux corrections, au montage et à la fabrication du journal papier, nous nous retrouvions à l'imprimerie Tandeta, située à Manquepas. Il n'était pas rare d'y croiser feu Mamadou Dia, du journal L'Enquêteur. L'actuel président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, y passait également en sa qualité de fondateur de ce même journal.
Franchement, j'ai beaucoup appris auprès de feu Sidya Touré. En quittant ce monde un vendredi, jour saint pour les musulmans, il reçoit peut-être là l'une des plus belles marques de miséricorde que le Créateur puisse accorder à l'un de Ses serviteurs. Une consolation pour tous ceux qui ont connu l'amour profond que le défunt portait à sa patrie.
À cela s'ajoutaient sa piété, sa dévotion et sa régularité dans la prière.
Paix à l'âme de ce grand commis de l'État.
Amine.

0 Commentaires

Publiez le 1er commentaire pour cet article !

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas mis en ligne. Les champs avec un * sont obligatoires.
ENVOYER