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Mamadou Hady Bah, le tirailleur Guinéen devenu héros de la Résistance en France

Mamadou Hady Bah, le tirailleur Guinéen devenu héros de la Résistance en France
0 commentaires, 13 - 8 - 2026, by admin

Héros oublié de la Résistance, Mamadou Hady Bah, tirailleur Guinéen fusillé en 1943, a dirigé le premier maquis vosgien.
Son engagement, longtemps effacé de la mémoire collective, renaît aujourd’hui grâce au travail des historiens et aux témoignages de ceux qui l'ont connu. Engagé volontaire dans l’armée française, évadé de captivité puis chef de maquis dans les Vosges, Mamadou Hady Bah est une figure exceptionnelle de la Résistance française.
Dans le dernier épisode de la saison 2 de la série "La Voix des invisibles", l’historien Gérard Noiriel retrace le parcours de ce tirailleur sénégalais musulman, fusillé en 1943 par la Gestapo. Longtemps méconnu, son rôle dans la Résistance est désormais reconnu et valorisé grâce à la mémoire collective, portée par les témoins, les familles et les travaux des chercheurs.
Du service domestique à l'armée française
Né en Guinée en 1911, Hady Bah est d’abord domestique en métropole avant de s’engager volontairement dans l’armée française en 1939. Affecté au 12e régiment de tirailleurs sénégalais, il combat dans les Ardennes, est fait prisonnier puis s’évade. Son parcours révèle une histoire coloniale souvent réduite au silence, où les aspirations républicaines des soldats africains se heurtent à la réalité de leur condition subalterne.
Un tirailleur devenu chef de maquis
Réfugié à Tolincourt, Hady Bah rejoint la Résistance aux côtés de Marcel Arburger. Ensemble, ils fondent le maquis de la Délivrance, lieu d’accueil pour les réfractaires au STO. Hady Bah y joue un rôle déterminant, multipliant les missions de renseignement, d’évasion, et d’aide aux fugitifs. Arrêté et torturé, il est fusillé par les nazis le 18 décembre 1943. Alors que d’autres résistants sont décorés à la Libération, son nom disparaît des hommages officiels.
La lente reconnaissance d’un résistant oublié
Il faut attendre les années 2000 pour que l’histoire de Mamadou Hady Bah resurgisse. Grâce aux recherches du journaliste Étienne Guillermont et du colonel Maurice Rive, et au témoignage d’habitants de Tolincourt, son rôle dans la Résistance est documenté. En 2003, il reçoit enfin une décoration posthume. Mais de récents actes de profanation rappellent que les valeurs pour lesquelles il a combattu restent fragiles, et que le travail de mémoire reste essentiel.
Source: Radiofrance.fr

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