Justice: Ahmed Sékou Traoré dans de sales draps ?
Le vent de la reddition de comptes souffle avec une force inédite sur les municipalités de la capitale. Ahmed Sékou Traoré, ancien président de la délégation spéciale de Ratoma, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tourmente judiciaire qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité financière en Guinée.
L’ancien édile est actuellement soumis à un interrogatoire serré par les officiers de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Le dossier, dont l’ampleur donne le vertige, porte sur un présumé détournement de fonds publics s’élevant à plus de 32 milliards de francs guinéens.
Cette somme colossale, censée financer les infrastructures et les services de base de Ratoma l’une des communes les plus denses et les plus nécessiteuses de Conakry se serait volatilisée sous sa gestion. Si ces faits sont confirmés, ils ne représenteraient pas seulement un délit financier, mais un véritable crime contre le développement local.
L’ascension d’Ahmed Sékou Traoré ne s’est pas faite sans remous. Des informations concordantes indiquent que l’ancien gestionnaire aurait tenté de verrouiller son image en entretenant certains acteurs médiatiques depuis son arrivée à la tête de la commune.
Cette stratégie, visant à s’offrir un soutien de circonstance en cas de problèmes judiciaires, semble aujourd’hui voler en éclats face à la détermination de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) et de la DCPJ. Au-delà des chiffres, c’est la personnalité même d’Ahmed Sékou Traoré qui cristallise les tensions. Candidat à sa propre succession à la tête de la mairie, il fait face à une contestation sociale de plus en plus vive.
Une large frange de la jeunesse lui reproche ouvertement son mépris pour les sages de la commune. Dans un contexte où le respect des autorités morales est le ciment de la société, cette attitude est perçue comme un danger pour la stabilité sociale de Ratoma.
Pour de nombreux observateurs, le cas Traoré illustre une dérive où l’arrogance s’ajoute à une gestion financière opaque. Le cas de Ratoma s’inscrit dans un mouvement d’assainissement plus large. D’autres anciens responsables, à l’image de Badra Koné à Matam, actuellement en détention, ou du président de la délégation spéciale de Kagbelen, placé en garde à vue, font face à des procédures similaires. Ces interpellations en série démontrent que les délégations spéciales ne sont plus des zones de non-droit.
La justice guinéenne semble désormais décidée à démanteler les réseaux de prédation financière qui ont prospéré au détriment des citoyens.
Ahmed Sékou Traoré est aujourd’hui rattrapé par sa gestion, rappelant que ni les réseaux d’influence, ni les stratégies de communication ne peuvent éternellement masquer la réalité des comptes publics.
( Avec Leverificateur, partenaire de Nouvelledeguinee )

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