Mamadi Doumbouya veut imprimer des billets de 50 000 francs guinéens
Pour remédier au déficit de circulation monétaire, de nouveaux billets de 50 000 francs guinéens vont être imprimés. La mesure doit être accompagnée d’une réduction de la dépendance au cash.
Le premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah a reconnu qu’un déficit de circulation monétaire avait conduit à la rareté des espèces dans le circuit économique et handicapé les transactions au quotidien. Il a confirmé une future augmentation des émissions de billets de banque.
Trompe-l’œil économique
L’annonce a provoqué, chez certains observateurs, scepticisme et inquiétudes. Le Forum civil guinéen – qui promeut la bonne gouvernance, la transparence et la participation citoyenne – a considéré que faire tourner la planche à billets ne constitue pas une solution durable aux tensions de l’économie nationale. Pour le porte-parole de l’organisation, Ibrahima Balaya Diallo, cette initiative manque tout à la fois de vision économique et de rigueur budgétaire.
Selon ces acteurs de la société civile, la cause de la pénurie est liée à la gouvernance nationale et aux comportements de citoyens qui thésaurisent les espèces. L’État, qui peine à rembourser les banques commerciales, contribuerait au manque de circulation de liquidités. Et les Guinéens stockant les billets ne le font que par manque de confiance dans les choix économiques.
Dématérialisation
Pour nombre d’économistes, l’émission de billets de 50 000 francs, voire de 100 000 francs, pourrait entraîner une poussée inflationniste, pour peu qu’elle corresponde à une augmentation de la masse monétaire sans commune mesure avec la croissance économique réelle. Les prix pourraient alors augmenter mécaniquement et la monnaie être dévaluée. En outre, privilégier la monnaie fiduciaire encourage généralement une réduction de la traçabilité des transactions, voire des tentations de corruption…
Le chef du gouvernement a anticipé ces critiques en plaidant pour une transformation structurelle du rapport à la monnaie, avec un optimisme étonnant, en termes de calendrier : il juge « impératif, dans un délai de trois à quatre mois, d’accélérer la modernisation des moyens de paiement », évoquant la masse monétaire scripturale et les transactions électroniques. Sur ces sujets techniques, il promet une communication officielle conjointe du gouverneur de la Banque centrale et du ministre de l’Économie et des Finances.
JA

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