Chair à canon
Par V K
En 1914 il y avait la grande guerre qui ravageait l’Europe. Les raisons ? Une histoire entre Européens à laquelle peu d’Africains comprenaient quelque chose. D‘ailleurs combien d’entre eux avaient même entendu parler de cette guerre qui se déroulait dans ces pays lointains et froids dont ils commençaient à peine à découvrir l’existence ?
On vint cependant chercher les Africains, surtout dans les colonies françaises, pour qu’ils aillent y participer. On les appela tous « tirailleurs sénégalais », quels que soient leurs pays d’origine, puisque de toute façon, « Noir c’est Noir » comme le chantera plus tard Johnny Haliday. On les y embarqua en fait pour servir de chair à canon. Dans les guerres, il y a ceux que l’on met en avant pour qu’ils aillent se faire tuer afin que les autres derrière eux puissent avancer. Les Africains embarqués dans cette guerre moururent donc en masse. Ceux qui en réchappèrent rentrèrent chez eux, mais on les paya en monnaie de singe en guise de pension. Il faut dire qu’à cette époque, les Africains étaient classés dans une catégorie qui n’était pas très loin des singes. Je ne suis pas certain que cela ait changé de nos jours dans certaines têtes européennes.
En 1939, rebelote. Les Etats européens entrèrent à nouveau en guerre. Et la France eut besoin de ses Africains pour servir de chair à canon. On ne leur demanda pas leur avis et on vint les chercher en masse, souvent de force. Comme lors de la première guerre, ils furent placés en avant pour servir de chair à canon et ils moururent en masse. Les survivants furent ramenés chez eux. Lorsqu’un groupe réclama la pension qu’on leur avait promise, ils furent tout simplement massacrés à Thiaroye. Les autres furent, comme la première fois, payés encore une fois en monnaie de singe. C’est tout récemment, en 2023, alors qu’il n’en restait plus beaucoup de vivants (une quarantaine), qu’il leur fut permis de percevoir leur minimum vieillesse tout en résidant dans leurs pays d’origine. Auparavant, il leur fallait vivre en France pour toucher cette somme. Ceux qui étaient rentrés dans leurs pays n’y avaient pas droit.
Nous sommes en 2026. Une guerre, sale comme toutes les autres guerres dans le monde, déchire la Russie et l’Ukraine depuis quelques années. A priori elle ne nous regarde pas. Je doute d’ailleurs que beaucoup d’Africains aient déjà entendu parler de l’Ukraine avant cette guerre. La Russie, elle, on la connait un peu. Quand elle s’appelait Union des Républiques Socialistes Soviétiques ou URSS, elle avait été aux côtés de certains de nos pays, ceux qui ne voulaient pas du système capitaliste et se réclamaient du socialisme ou du communisme. Mais plus tard, tout le monde a rejoint le camp capitaliste, à commencer par l’URSS qui entre temps était devenue la Russie.
Donc une guerre sanglante a cours en ce moment entre la Russie et l’Ukraine. Ukraine qui faisait partie de l’URSS. Peu d’entre nous savent exactement ce qui oppose réellement les deux pays. Mais la Russie a besoin de chair à canon. Alors elle s’est tournée vers l’Afrique, le fournisseur universel de chairs, chairs esclaves dans les Amériques et dans les pays arabes, chairs à exploser sur les champs de bataille, chairs dont le sang est destiné à irriguer et fertiliser tous les champs du monde, sauf les siens, chairs à courir sur les stades et les pistes du monde. Comme nous ne sommes plus aux temps anciens, elle ne pouvait plus venir chercher ses chairs de force.
Alors elle les a attirées par la ruse. Une promesse de travail, de bourse d’étude, un contrat écrit en russe dont le contractant ne comprend aucun mot, et voici nos pauvres jeunes gens transformés en chair à canon sur un champ glacial de bataille, pour faire une guerre qui n’est pas la leur. La Russie s’était présentée à certains pays africains comme le grand frère protecteur contre les insatiables appétits de l’ogre occidental. Elle a donc envoyé des mercenaires soutenir les pays frères en proie au djihadisme et à la rébellion.
En échange quand même de quelques mines d’or ou de diamant. Entre frères, on sait ne pas être ingrat. Et les Russes massacrent sans discriminer tous ceux qui de loin ou de près ressemblent à des djihadistes, dans le plus total mépris des populations locales. Et maintenant, elle ramasse ceux qu’elle peut par tous les moyens qu’elle peut utiliser pour aller se faire tuer dans les plaines glaciales du Donbass.
De nombreuses ONG ont abondamment documenté les méthodes utilisées par les Russes pour amener les Africains à aller se faire tuer en Ukraine ou fabriquer des drones, et aussi tous les crimes qu’ils commettent dans nos pays, surtout ceux en proie à des rébellions tels que la Centrafrique, ou au terrorisme tels que ceux de l’AES ou la Libye.
Que pouvons-nous faire ?
Comment empêcher nos jeunes gens de se faire piéger ?
Comment, devant les dures réalités de leurs quotidiens, les empêcher de céder aux chants des sirènes, qu’elles soient russes, ou d’autres nations ?

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