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Jesse Jackson, pasteur noir et militant américain des droits civiques, est décédé à l’âge de 84 ans

Jesse Jackson, pasteur noir et militant américain des droits civiques, est décédé à l’âge de 84 ans
0 commentaires, 17 - 2 - 2026, by admin

L’ancien proche collaborateur de Martin Luther King est décédé mardi en paix, entouré des siens. Sa famille salue son engagement indéfectible pour l’égalité et les droits humains à travers le monde.
Le pasteur noir américain Jesse Jackson, ardent défenseur des droits des Afro-Américains et compagnon de route de Martin Luther King, est mort à l’âge de 84 ans, a indiqué sa famille dans un communiqué mardi.
« Son engagement indéfectible en faveur de la justice, de l’égalité et des droits humains a contribué à façonner un mouvement mondial pour la liberté et la dignité », a-t-elle estimé, précisant qu’il était mort « en paix mardi, entouré par sa famille ».
Les causes de son décès ne sont pas précisées. Jesse Jackson avait été hospitalisé en novembre pour le traitement d’une maladie neurodégénérative rare et particulièrement grave, la paralysie supra nucléaire progressive (PSP), selon l’association qu’il a fondée, la Rainbow PUSH Coalition. En 2017, il avait annoncé être atteint de la maladie de Parkinson, qui, à ses débuts, peut provoquer des troubles similaires de la motricité et de la parole.
Jesse Louis Burns, né le 8 octobre 1941 à Greenville, en Caroline du Sud, a eu une enfance complexe dans l’Amérique ségrégationniste d’alors. Sa mère, Helen Burns, n’a que 16 ans quand elle accouche. Elle est lycéenne, majorette et réputée dans la ville pour sa voix de soprano. Son père biologique, Noah Louis Robinson, est un ancien boxeur. Âgé de 33 ans, il vit dans la maison voisine, avec son épouse. Il ne prendra pas part à l’éducation de son fils.
Une enfance compliquée et pauvre

Deux ans plus tard, Helen, devenue coiffeuse, épouse Charles Jackson, un cireur de chaussures qui s’engage dans l’armée. Si Jackson adopte Jesse à ses 16 ans, lui donnant son nom, le beau-père n’éprouve pas d’affection pour son beau-fils, qui, peu après le mariage de sa mère, est envoyé vivre chez sa grand-mère maternelle, dans une cabane de fortune.
Après le lycée public, le jeune homme, moqué pour sa filiation, décroche grâce au sport une bourse universitaire. Il étudie la sociologie puis la théologie après s’être converti au christianisme. Il intègre la Conférence du leadership chrétien du Sud sous l’influence de Martin Luther King qu’il rêve de seconder. Il en gravit les échelons. Le 4 avril 1968, il est à ses côtés à Memphis quand le défenseur des droits civiques est assassiné. Orateur de talent, sûr de lui, Jesse Jackson espère reprendre le flambeau de son mentor, bien que l’entourage de ce dernier lui dénie une partie de l’héritage.
Jesse Jackson se présente deux fois à la primaire démocrate. En 1984, il arrive troisième, deuxième en 1988. Il ne retentera pas sa chance. Ses positions - l’égalité de droit pour tous, payer plus d’impôts quand on est riche, détruire toutes les armes nucléaires -, effraient une partie du parti démocrate.
Un émissaire de conciliation

Fervent militant de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, il a fait office dans les années 1990 d’émissaire du président Bill Clinton pour l’Afrique, allant au Nigeria et dans plusieurs autres pays. Il s’est aussi rendu en Syrie en 1983 pour négocier avec succès la libération d’un pilote captif de l’US Navy, puis à Belgrade en 1999, où après une rencontre avec Slobodan Milosevic, il a contribué à la libération de trois prisonniers de guerre américains. Il se rend également en Irak en 1990 peu avant la guerre du Golfe pour demander à Saddam Hussein la libération de dizaines d’otages américains.
Avec l’âge, et un trop-plein d’assurance, Jesse Jackson a pu créer la polémique, voire la controverse. Qu’il s’agisse des « youpins », insulte antisémite, pour parler des juifs de New York, à son amitié avec Louis Farrakhan, leader de l’organisation « Nation of Islam », ou sa proximité avec le président vénézuélien Hugo Chavez comme sa défense inflexible de Michael Jackson, il commence toujours par s’étonner des reproches, avant de présenter ses excuses. De même, alors qu’il soutenait publiquement Barack Obama en 2008 dans sa course à la Maison Blanche, a-t-il pu dire de lui qu’il était « condescendant avec les gens noirs » et qu’il fallait « lui casser les noix ».
( Avec Le Parisien )

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