Alpha Condé perd son ami qui lui avait déconceillé de briguer un 3e mandat
Professeur émérite de droit public engagé à gauche et proche de grandes figures politiques africaines, Albert Bourgi est décédé ce mercredi 7 janvier à l’âge de 83 ans.
Né à Dakar d’une famille libanaise qui projetait d’émigrer en Amérique mais dont le bateau n’a jamais quitté les côtes africaines, il se passionne pour le droit et la politique du continent qu’il décortique en tant que chroniqueur dans les colonnes du magazine Jeune Afrique ou comme éditorialiste sur les ondes de RFI (...)
À l’opposé de son frère Robert, sulfureux avocat de la droite française et figure de la « Françafrique », Albert Bourgi s’est lié d’amitié via l’Internationale socialiste avec des figures politiques du continent à l’époque où ils s’opposaient aux régimes autoritaires de leurs pays. Il fut ainsi un soutien indéfectible de l’Ivoirien Laurent Gbagbo, tout au long de sa carrière politique mouvementée, ou encore du Guinéen Alpha Condé. Lorsque ce dernier fut emprisonné sous le régime de l’ancien président Lansana Conte, Albert Bourgi mena une campagne internationale pour sa libération.
Une fois certains arrivés au pouvoir, il participe à l’élaboration des Constitutions dans lesquelles « il tentait d’introduire une dimension sociale, une pensée pour les damnés de la terre », selon son ami de 40 ans, le professeur à Sciences Po Francis Kpatindé. En 2020, il déconseille ouvertement au président guinéen de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. Quelques mois plus tard, Alpha Condé sera renversé par un coup d’État.
Rfi

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