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Haïti doit sa pauvreté à la « dette de la liberté » imposée par la France, selon une enquête

Haïti doit sa pauvreté à la « dette de la liberté » imposée par la France, selon une enquête
0 commentaires, 24 - 5 - 2022, by admin

Une longue enquête du New York Times, publiée en anglais, mais aussi en français et en créole, montre comment la petite nation de la Caraïbe a été « rançonnée » par la France peu après sa naissance.
L’État fondé par d’anciens esclaves ayant conquis leur liberté a dû, sous la menace d’une armada française, accepter d’indemniser les anciens propriétaires terriens esclavagistes. Investies dans l’île, ces sommes auraient permis son décollage économique.
Malédiction ! Le mot revient dès qu’Haïti fait la une, pour un séisme ou un ouragan dévastateur ou, comme l’été dernier, l’assassinat de son président, Jovenel Moïse. Une longue enquête publiée ce week-end en anglais, en français et en créole haïtien par le New York Times bat en brèche cette idée.
Dans les montagnes de Dondon (nord d’Haïti), ses journalistes ont rencontré Adrienne Présent, cueilleuse de café qui vit sans électricité, son mari trop pauvre pour faire soigner ses yeux, leurs six enfants dont aucun n’a fini l’école, trop chère… Ils ont aussi brassé des milliers d’archives dans l’île, en France, aux États-Unis. Conclusion : la mizè (misère) n’était pas une fatalité. Les Haïtiens pourraient avoir un métro, un système de santé subventionné et six fois plus d’argent en poche, comme leurs voisins de République dominicaine… s’ils n’avaient pas été rançonnés ».
Indemniser les anciens maîtres
Après la première révolte d’esclaves victorieuse de l’Histoire, en 1791, la jeune nation semble avoir son destin en main avec l’indépendance de 1804. C’est oublier la cupidité des ex-propriétaires de terres et d’esclaves.
En 1825, une armada française débarque et impose à Haïti de payer la dette de la liberté », ?bref d’indemniser ses anciens maîtres. Pour payer, le jeune État est forcé à emprunter. Ce fardeau a pesé sur Haïti jusque dans le courant du XXe siècle »,?écrit le Times.
Il ne s’agit pas que des 560 millions de dollars de capital, d’intérêts et de pénalités remboursés aux banques françaises, dont le CIC, puis américaines, qui se gavent. Investi plutôt dans les infrastructures de l’île, cet argent aurait généré 21 milliards – un an et demi du PIB de 2020 – et fait décoller son économie, calcule le journal, qui a fait valider son analyse par quinze historiens et économistes. C’est peu ou prou ce que réclama le président Jean-Bertrand Aristide en 2003, avant d’être acculé à l’exil par… Washington et Paris (... )
Source: Ouest France

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