Et si la Guinée s'inspirait du modèle démocratique Suisse ?

Et si la Guinée s'inspirait du modèle démocratique Suisse ?
0 commentaires, 29 - 1 - 2020, by admin

Par Tierno Yimbering Diallo
"Il ne peut y avoir de démocratie sans développement et, inversement, de développement sans démocratie." Ce propos est signé François Mittérand. Nous sommes en juin 1990, au sommet France-Afrique, de la Baule.
Lors de ce sommet, qui, du reste, marque un tournant dans l'histoire des relations franco-africaines, le locataire de l' Elysée décide de mettre fin à la françafrique. Il tape du poing sur la table. À cette occasion, le président Mitterrand confirme l'engagement de la France dans l'aide au développement des pays africains, mais lie cette aide à une transition démocratique dans la gouvernance du continent. Est, entre autres, présent au sommet historique de la Baule, l'ancien président de la République de Guinée, général Lansana Conté.
A son retour au pays, il donne à la Guinée une nouvelle Loi Fondamentale. Instaure, malgré lui, le multipartisme démocratique. Et organise la première élection présidentielle, véritablement démocratique, en 1993.
Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Malgré l'instauration de la " démocratie", la Guinée fait du surplace. A la clé: un éternel retour à la case-départ des sanglantes et meurtrières crises politiques.
La situation semble avoir empiré avec l'arrivée au pouvoir, en 2010, de " l'ancien opposant historique", Alpha Condé. En fin de son second et dernier mandat, l'ancien pensionnaire de la Maison Centrale n'entend pas rendre les clés de Sékhoutouréyah à l'homme ou la femme que les Guinéens doivent, logiquement, élire, au sommet de l' Etat, en décembre prochain.
Alpha Condé envisage de mettre en place une nouvelle constitution, remettre, du coup, le compteur à zéro, dans le but de diriger la Guinée à vie.
La jeune démocratie, durement éprouvée et menacée, aujourd'hui, par ce projet, est héritée de la transition militaire de 2010 sous la houlette du général Sékouba Konaté.
En clair, 30 ans après le sommet de la Baule, la démocratie imposée par Mittérand a du mal à se consolider, à s'adapter à la réalité locale. Conséquence? Certains observateurs avertis de la scène politique guinéenne pensent que la démocratie à la Suisse pourrait fonctionner à merveille en République de Guinée.
C'est l'idée avancée par le fils de l'ancien président de l' Assemblée Nationale, Elhadj Boubacar Biro Diallo.
Homme de confiance et confident du leader de l' UFDG, docteur Alpha Amadou Diallo est favorable à ce que la Guinée s'inspire du modèle Suisse pour voir si elle va enfin s'en sortir.
" On peut se pencher sur un système fédéral , à défaut de réduire considérablement le pouvoir présidentiel, au bénéfice des autres institutions de la république", suggère docteur Alpha Amadou Diallo. Un médecin de renom installé en France et foncièrement hostile à la politique menée par Alpha Condé depuis son arrivée aux commandes en 2010.
Pays situé à cheval entre l' Europe de l' Ouest et l' Europe Centrale, la Fédération Helvétique est un Etat fédéral unique en son genre. Les 26 Etats de la Suisse renoncent à une partie de leur souveraineté à l' Etat fédéral. Une démocratie, du reste, spéciale et unique, dont le but visé, c'est de remplacer les diversités régionales et linguistiques par une représentation équilibrée au sein des Institutions.
Ce système stable pourrait inspirer la Guinée et ses quatre régions naturelles à revoir son modèle de démocratie hérité du sommet de la Baule, en France, au début des années 90.

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