Sale temps pour l'ancien numéro 2 de l' OGP, Jeannot Coumbassa
Par Minkael Barry
Du clavier au cachot, la trajectoire fulgurante de Jean-Marie Soriba Coumbassa, désormais pensionnaire de la Maison centrale de Conakry, résonne comme un violent coup de semonce dans le ciel politique guinéen.
Celle d’un homme qui a cru que l’arène virtuelle des réseaux sociaux pouvait dicter sa loi à la réalité implacable de l’État. Son histoire, au-delà du scandale financier et administratif, s’inscrit désormais comme une puissante leçon de vie pour quiconque s’approche des lumières trompeuses du pouvoir.
Pendant des mois, « Jeannot » a incarné cette nouvelle race de cadres propulsés non par la force de leur compétence, mais par le volume de leurs décibels sur Facebook. Une fidélité numérique bruyante, agressive, érigée en unique CV. Mais le réveil est brutal.
L’ancien pasteur, devenu directeur adjoint sans culture d’État, a commis l’erreur fatale des novices : confondre la bienveillance temporaire du prince avec une impunité éternelle. Il a oublié qu’on ne peut pas avoir les mains sales et espérer que des chants de louanges et des danses du ventre sur la toile suffiront à aveugler la justice de son pays.
C’est que le pouvoir, par essence, possède une nature froide et désincarnée. Il n’a pas d’amis, il n’a pas de cœur, il n’a que des intérêts et des équilibres à préserver. Un adage politique bien connu nous rappelle d’ailleurs cette vérité cruelle :
« Le pouvoir est un monstre froid : vous pouvez être ensemble aujourd’hui, célébrer les mêmes victoires, et vous faire croquer par lui demain sans le moindre remords. » Pour éviter de finir broyé par cette machine, il n’existe qu’un seul et unique bouclier : le professionnalisme et la modestie.
La modestie exige de comprendre la place qui est la nôtre dans l’appareil d’État. Elle interdit à un cadre subalterne de s’inventer des destins de faiseur de rois, de diffamer les familles présidentielles ou de s’attaquer publiquement à sa hiérarchie dans un élan d’arrogance numérique.
Le professionnalisme, quant à lui, impose la rigueur de la gestion, le respect des procédures et une probité morale irréprochable. Si Jean-Marie Soriba Coumbassa avait investi un dixième de l’énergie qu’il passait à défendre le CNRD sur Facebook dans l’étude rigoureuse des dossiers de l’OGP notamment celui des comptes de MTN , il ne dormirait pas en prison ce soir.
La chute de cet ancien pasteur est le miroir des dérives de notre époque. Elle nous enseigne que l’activisme partisan ne remplacera jamais l’intégrité, et que les réseaux sociaux sont des sables mouvants. Que l’on soit au sommet ou à la base, opter pour le bon comportement, cultiver la discrétion et servir avec compétence restent les seules garanties d’une longévité sereine.
Que ceux qui s’époumonent aujourd’hui sur la toile pour défendre l’indéfendable regardent vers la Maison centrale. Le pouvoir utilise l’excès de zèle, mais il finit toujours par punir l’excès d’arrogance. La République n’a pas besoin de « Facebookeurs » en quête de privilèges, elle a besoin de serviteurs. À bon entendeur…
Il reste néanmoins un homme, un père de famille, un ancien guide spirituel aujourd’hui confronté à la dureté de l’univers carcéral et à l’isolement. En ces moments particulièrement éprouvants, on ne peut s’empêcher de nourrir une pensée de compassion pour Jean-Marie Soriba Coumbassa. Puisse-t-il, dans le secret de sa cellule, retrouver la paix intérieure et la sérénité que les projecteurs factices du pouvoir lui avaient fait perdre.
( Avec Leverificateur, partenaire de Nouvelledeguinee.com )

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