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Guinée: soupçonné du meurtre de sa femme au Canada il y a 19 ans, l'opposant politique Rafiou Sow a été arrêté

Guinée: soupçonné du meurtre de sa femme au Canada il y a 19 ans, l'opposant politique Rafiou Sow a été arrêté
0 commentaires, 21 - 6 - 2026, by admin

L'opposant politique Rafiou Sow, leader du Parti du renouveau (PRP) en Guinée, est soupçonné d'avoir tué sa femme, Rachelle Wrathmall, en juin 2007 au Québec.
Récemment, une journaliste canadienne avait tenté de l'interviewer à Conakry, mais le politicien a refusé d'évoquer son passé. Selon des informations de TV5MONDE, il a été arrêté par la direction de la police judiciaire guinéenne, ce vendredi 19 juin 2026.
Le Parquet général de Conakry a ouvert, mercredi 17 juin, une enquête visant l'homme politique Rafiou Sow, chef du Parti du renouveau et du progrès (PRP) en Guinée. Celui-ci est accusé du meurtre de son épouse, Rachelle Wrathmall, retrouvée morte à son domicile au Canada en 2007. "Au regard des informations contenues dans une dénonciation qu'il a reçue, le Parquet général a prescrit l'ouverture d’investigations judiciaires destinées à vérifier les faits dénoncés et à en apprécier la portée pénale éventuelle", explique le procureur général Fallou Doumbouya dans son communiqué.
Récemment, une journaliste du média francophone canadien La Presse, s'est rendue dans la capitale guinéenne pour interroger l'homme sur la disparition tragique de sa femme, prétextant une interview concernant la politique et la démocratie dans son pays. Au début du mois de juin, le journal a publié une enquête sur le meurtre de Rachelle Wrathmall. La Sûreté du Québec est convaincue que le coupable est son mari, Rafiou Sow, dont le prénom s'écrivait Raphiou à l'époque. Face à la journaliste, l'homme politique a coupé court à l'entretien filmé, refusant d'évoquer son passé.
L'entrevue, publiée sur les réseaux sociaux, est devenue virale en Afrique de l'Ouest, avec plus d'un million de vues. Suscitant l'indignation des internautes face à l'impunité de l'homme politique soupçonné d'être un meurtrier, elle a largement été relayée sur les réseaux sociaux. On y voit l'homme nie avoir été marié avec Rachelle Wrathmall et conteste sa présence au Canada au moment des faits.
Un homme "jaloux maladif", "possessif" et "manipulateur"
Le vendredi 29 juin 2007, le corps meutri de Rachelle Wrathmall est retrouvé par sa soeur, Donna, selon l'article publié par La Presse. La femme de 31 ans a été poignardée chez elle, à Lennoxville, un arrondissement de Sherbrooke au Québec, avec plusieurs traces de contusions visibles. L'enquête policière a fait le lien entre Rafiou Sow et le meurtre, puis a établi que l'homme avait fui le Canada pour se rendre au Maroc, le soir du meurtre. Il aurait ensuite regagné son pays d'origine la Guinée, où il a pris la tête du parti d'opposition PRP.
Si les soupçons se sont portés sur l'homme politique, en plus des éléments prouvant sa présence à Lennoxville ce soir-là, c'est parce que la relation qu'entretient le couple est tumultueuse et "toxique", sous fond d'emprise, rapporte La Presse. Les proches de Rachelle Wrathmall, qui connaissent Rafiou Sow, le décrivent comme un homme "jaloux maladif", "possessif", "manipulateur" et violent envers sa compagne. Il aurait proféré des menaces à son égard, selon leur témoignage, et la victime a plusieurs fois fui chez des amis pour se cacher de son mari. Malgré de nombreuses plaintes à son entourage, Rachelle Wrathmall l'a épousé en août 2006 afin de l'aider à obtenir sa nationalité canadienne. Selon ses dires à lui, il ne pouvait pas retourner en Guinée où il était menacé et persécuté.
"Nous demeurons ouverts à collaborer"
C'est dans un café de Conakry que le rendez-vous entre la journaliste et Rafiou Sow a eu lieu. Il a réfuté avoir demandé l'asile au Canada. Pourtant, un document consulté par La Presse prouve bien qu'une demande a été déposée. Selon l'homme, c'est depuis 2009, date à laquelle il est entré en politique en tant qu'opposant qu'il "peut craindre pour sa sécurité, maintenant que je suis un leader politique", comme il le dit lui-même, avant d'interrompre l'entretien.
Les autorités policières canadiennes, elles, sont convaincues que Rachelle Wrathmall a été victime d'un féminicide. Après avoir fui aux États-Unis suite au refus de sa demande d'asile, le soir du meurtre Rafiou Sow aurait loué une voiture pour se rendre à la frontière canadienne avant de l'abandonner pour traverser illégalement la frontière canadienne à pied. Il aurait ensuite pris un taxi jusqu'au domicile de la victime. Le véhicule de Rachelle Wrathmall a ensuite été retrouvé près de l'aéroport Montréal-Trudeau, où l'homme apparaît sur plusieurs caméra de surveillance avant de prendre un avion pour Casablanca ce soir-là.
Malgré les accusations et les preuves recueillies par la police canadienne, il est peu probable que Rafiou Sow soit jugé pour ce crime. Il n'existe pas de traité d'extradition entre la Guinée et le Canada. "Si la police guinéenne formule une demande de collaboration par l'intermédiaire d'Interpol, nous demeurons ouverts à collaborer", a assuré à La Presse le capitaine Benoit Richard, responsable des relations médias à la Sûreté du Québec, responsable du dossier Rachelle Wrathmall. Selon nos informations, Rafiou Sow, premier suspect dans le meurtre de sa femme Rachelle Wrathmall a été arrêté ce vendredi 19 juin dans l'après-midi par la direction de la police judiciaire guinéenne.
TV5

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