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Guinée: déclaration solennelle sur le deuil de la démocratie

Guinée: déclaration solennelle sur le deuil de la démocratie
0 commentaires, 22 - 1 - 2026, by admin

Guinéennes, Guinéens,
Chers compatriotes,
L’investiture du Général Mamadi Doumbouya, intervenue le samedi 17 janvier 2026, ne constitue ni un aboutissement démocratique ni une victoire populaire. Elle représente une imposture politique grave et marque, hélas, le deuil de notre jeune démocratie.

Ce jour-là, la Guinée n’a pas célébré une Nation en marche, mais assisté à l’ensevelissement d’un espoir démocratique, né des luttes du peuple et aujourd’hui trahi par un double coup d’État — militaire et civil — amorcé le 5 septembre 2021 et parachevé par la mascarade électorale du 28 décembre 2025, entachée d’illégalités manifestes et d’une candidature illégitime.
Sous la garde des baïonnettes, cette investiture n’a consacré ni la volonté populaire ni la souveraineté nationale. Elle a entériné un crime politique majeur : la confiscation du pouvoir du peuple par la force et la ruse institutionnelle. On n’investit pas un chef dans ces conditions ; on officialise une usurpation.
I. Une trahison de la junte militaire par les urnes

Ceux qui ont prêté serment devant la Nation ont vidé le suffrage universel de sa substance, transformant l’acte électoral en une mise en scène trompeuse. En se maintenant au pouvoir par une parodie d’élection, la junte et ses alliés ont cumulé deux forfaits historiques : l’usage abusif de la force armée et le mensonge institutionnel érigé en méthode de gouvernance.
II. Une Nation prise en otage par une junte sans foi ni loi
La tragédie guinéenne ne se limite pas à la déliquescence de nos institutions. Elle se manifeste dans le bâillonnement de la jeunesse, l’exil forcé des intellectuels, la persécution des acteurs de la société civile, la répression des libertés fondamentales et la détresse quotidienne des citoyens.
Une Nation confisquée par une minorité en uniforme est une Nation qui recule vers l’abîme. Chaque symbole de l’État brandi aujourd’hui sans légitimité constitue une offense à la mémoire de celles et ceux qui ont sacrifié leur vie pour la liberté.
III. Illégitimité, parjure et tyrannie comme héritage politique
Aucun apparat protocolaire, aucune reconnaissance internationale de complaisance ne saurait conférer la légitimité à un pouvoir issu de la violation du suffrage universel. Gouverner sans le consentement libre et éclairé du peuple n’est pas gouverner : c’est occuper illégalement le pouvoir.
La Guinée est désormais enfermée dans une démocrature, un régime de façade où les institutions existent formellement mais sont inféodées au pouvoir réel, exercé de manière autoritaire, opaque et oligarchique. Le vote subsiste, mais la souveraineté populaire a disparu.
IV. Le simulacre démocratique : une illusion de pouvoir
L’investiture du Général Mamadi Doumbouya illustre l’instauration d’un système politique fondé sur la simulation :
Une façade démocratique, maintenant artificiellement les apparences d’élections libres et d’égalité devant la loi.
Une perte de substance, où le pouvoir réel s’exerce en dehors de tout contrôle citoyen et de l’État de droit.
Une mise en scène du pouvoir, transformé en spectacle politique vidé de sens, conformément aux logiques de simulacre.
Une dérive autoritaire, où l’élection sert à masquer une réalité dictatoriale.
Un populisme instrumental, exploitant les peurs et les frustrations pour légitimer l’illégitime.

Dans ce système, le peuple vote, mais ne décide plus.
V. Une agression contre l’âme de la Nation
Cette investiture n’est pas une passation de pouvoir. Elle est une violence supplémentaire infligée au peuple martyr de Guinée. Elle prolonge une longue série d’atteintes : arrestations arbitraires, disparitions, exils forcés, répression sanglante, à l’image du massacre du 28 septembre 2009, dont les cicatrices restent béantes.
L’histoire africaine nous enseigne, du Liberia de Samuel Doe à la Gambie de Yahya Jammeh, que les coups d’État travestis en promesses de salut national mènent invariablement à la tyrannie, au chaos et à la souffrance des peuples.
VI. Notre engagement irrévocable
Nous, peuple souverain de Guinée, affirmons solennellement :
Notre refus catégorique de reconnaître cette investiture et le régime illégitime qui en découle.
Notre détermination à défendre pacifiquement mais fermement nos droits, notre liberté et notre souveraineté.
Notre solidarité totale avec toutes les victimes du double coup d’État militaire et civil.

Le Congrès des Patriotes de Guinée (COPAG) appelle la communauté internationale à refuser toute légitimation de ce régime tyrannique et à se tenir aux côtés du peuple guinéen dans sa quête de liberté.
Aux forces armées républicaines, nous rappelons leur devoir sacré : servir la Nation et non un pouvoir usurpé.
À nos concitoyens, nous appelons à l’unité, à la vigilance et à la mobilisation pacifique pour la reconstruction d’un véritable État de droit démocratique.+’heure n’est pas à la résignation, mais à l’engagement.
L’histoire de la Guinée, du NON historique du 28 septembre 1958 à aujourd’hui, nous rappelle que la soif de liberté est plus forte que toutes les baïonnettes.
Ensemble, pour la démocratie.
Vive la Nation !
Vive une Guinée libre, souveraine et démocratique !
Vive le Congrès des Patriotes de Guinée (COPAG) !
Papa Attigou Bah
Leader politique
Président du Congrès des Patriotes de Guinée (COPAG)


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