La Chine veut développer un "partenariat stratégique complet" avec la Guinée, la mine de Simandou dans le viseur
Le président chinois Xi Jinping a félicité ce lundi 5 janvier, le président élu de Guinée, le général Mamadi Doumbouya, et exprimé sa volonté de continuer à développer avec lui un "partenariat stratégique complet" entre leurs deux pays.
Alors que le général Mamadi Doumbouya vient d'être réélu à la tête de la Guinée, le président chinois Xi Jinping en a profité pour exprimer sa volonté de continuer à développer avec lui un "partenariat stratégique complet" entre les deux pays. Une information rapportée lundi 5 janvier par l'agence Chine Nouvelle.
Et dans le viseur de la Chine notamment, le gigantesque projet minier de Simandou (sud-est), censé faire de la Guinée, pays pauvre malgré d'importantes ressources naturelles, un des plus grands exportateurs de fer au monde. En effet, l'arrière-pays forestier de la Guinée est très riche en fer. Et la Chine en est le premier consommateur mondial mais n'en produit pas assez. À titre d'exemple, elle se place loin derrière l'Australie et le Brésil.
"Un respect mutuel"
Après avoir félicité Mamadi Doumbouya pour sa réélection, Xi Jinping a relevé que les deux pays entretiennent de longue date une relation de "respect mutuel", de soutien réciproque et "qu'il attachait une grande importance au développement des relations sino-guinéennes", a rapporté Chine Nouvelle.
Selon un article de l'hebdomadaire français Le Point, jusqu'au début de son exploitation le 11 novembre dernier, la mine de Simandou était le plus grand gisement ferreux inexploité de la planète. Ses réserves sont estimées à quatre milliards de tonnes.
Des acteurs chinois sont fortement impliqués dans le projet de Simandou. L'exploitation est assurée d'un côté par Winning Consortium Simandou (WCS), un consortium sino-singapourien, et de l'autre par l'entreprise Simfer, détenue par l'anglo-australien Rio Tinto et le géant Chinalco. Le projet Simandou a nécessité des investissements importants pour la construction d'un chemin de fer de 650 kilomètres, afin de relier cette région enclavée à la côte, ainsi que d'un nouveau port pour l'exportation du minerai.
Pour la Chine, ses investissements dans la mine de Simandou lui permet donc de réduire ses coûts d'approvisionnement. Sur l'équivalent de quelque 15,1 milliards de dollars (12,9 milliards d'euros) de bauxite et minerais d'aluminium importés par la Chine entre janvier et novembre 2025, plus des trois quarts (76%) provenaient de Guinée, selon l'administration des douanes chinoises.
Pour sa part, le gouvernement guinéen a pensé l'exploitation de la mine comme une rente pour financer le développement du pays. Grâce à sa participation d'environ 15% dans la Compagnie TransGuinéen (CTG), chargé des rails et du port, et les retombées fiscales, la Guinée peut espérer deux à trois milliards de revenus par an, calcule Le Point. Mais pour cela, le gisement devra atteindre sa capacité de production annuelle maximale de 120 millions de tonnes.
AFP

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