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Défaillance des infrastructures : l’urgence d’une redevabilité institutionnelle face à l’épreuve des saisons

Défaillance des infrastructures : l’urgence d’une redevabilité institutionnelle face à l’épreuve des saisons
0 commentaires, 21 - 7 - 2025, by admin

Par Abou Maco
Le terrain ne ment jamais. Et cette année encore, la saison des pluies, en tant qu’auditrice naturelle et implacable, vient de rendre un verdict sans appel : plusieurs infrastructures (routes, ponts, caniveaux, etc.) récemment achevées présentent déjà des signes de dégradation avancée, suscitant de vives inquiétudes quant à la qualité des travaux exécutés et à la rigueur du suivi administratif.
Ce constat, à mi-parcours des intempéries, révèle des défaillances systémiques dans la chaîne de réalisation des ouvrages publics, allant de la passation des marchés à la réception des travaux, en passant par les contrôles techniques, le service fait et les validations financières. Si cette situation s’était produite dans les premiers temps de la refondation avant qu'elle ne prenne du plomb dans l'aile (lorsque l’exigence de rupture et de transparence guidait encore fermement l’action publique), les différents maillons de cette défaillance auraient dû faire face à la justice, notamment devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
Il serait cependant prématuré de céder au découragement. La saison pluvieuse est encore loin de son terme, et les révélations qu’elle continue d’apporter pourraient susciter un sursaut salutaire des autorités compétentes, tant au niveau technique que judiciaire. Car il ne peut y avoir de refondation crédible sans mécanismes effectifs de contrôle, de sanctions et de prévention des dérives.
Il devient impératif que chaque acteur, à son niveau de responsabilité, assume pleinement ses devoirs. L’État ne saurait reposer uniquement sur l’arbitrage du chef de l’État pour corriger des manquements que les institutions intermédiaires, à commencer par le Gouvernement et les ministères concernés, ont la compétence et l’obligation de gérer. C'est d'ailleurs à cet effet qu'un Premier ministre, chef du Gouvernement, a été nommé. L’efficacité de l’action publique repose sur une gouvernance structurée, proactive et redevable.
Et si cette calamité persiste, dévoilant de manière récurrente des défaillances structurelles par le seul fait des éléments naturels, il deviendra inévitable que l’ensemble des acteurs impliqués dans ce naufrage collectif soient appelés à répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes, en particulier la CRIEF. Qu’il s’agisse du ministre en charge des Infrastructures et des Travaux publics, des dirigeants des entreprises adjudicataires, ou encore des responsables du bureau de contrôle et de service fait, nul ne saurait être soustrait à l’exigence de redevabilité.

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