Grâce présidentielle : S’humilier pour se libérer !

Grâce présidentielle : S’humilier pour se libérer !
0 commentaires, 25 - 6 - 2021, by admin

Par Yacine Diallo
De son accession à la magistrature suprême du pays en 2010 à 2020, le Prési Alpha Grimpeur n’a que très peu usé de son droit de grâce.
Maintenant qu’il a un 3e mandat en poche, il s’en sert comme il veut. Ces derniers jours, cette grâce se repend sur des opposants «coopérants» comme un virus. En moins d’une semaine, Boubacar Diallo alias «Grenade», Mamadi Condé dit Madic 100frontières, anciens militants de l’UFDG, principal parti de l’opposition, Souleymane Condé et Yousouf Dioubaté, anciens membres du FNDC, aujourd’hui responsables de la Diversité républicaine de Guinée, ont tour à tour, bénéficié d’une remise totale de leurs peines : 10 ans de réclusion criminelle pour Grenade, 1 an pour les trois autres.
La grâce présidentielle a engendré forcément la joie chez les intéressés, leurs familles avec, mais pas que. Elle aura également montré combien de fois le Grimpeur est déterminé à faire boire à ses opposants le calice jusqu’à la lie.
Pour obtenir leur liberté, tous sont passés par le même chemin : celui de la «repentance voire de l’humiliation.» Madic 100frontières, lui, avait reconnu «des erreurs et demandé pardon à l’oncle Alpha Condé», avant d’expliquer ses prises de position, liées à « l’abandon de sa famille par le président
Les trois autres ont dû se plier en quatre, se fendre d’une lettre mielleuse pour demander le pardon et la clémence au «clairvoyant Alpha Condé"… pour des erreurs qu’ils mettent au compte de la jeunesse. Ils promettent de ne jamais les répéter « le reste de leur vie.» Ces erreurs, ce sont les opinions qu’ils ont exprimées contre le mandat à vie du chef de l' Etat. En tout cas, ils étaient poursuivis pour des publications faites sur les réseaux sociaux « de nature à troubler l’ordre public ».
Aujourd’hui, tout porte à croire que leurs opinions sont aux oubliettes. Ce qui compte chez eux, c’est leur liberté. Rien d’autre. Au point de quasiment s’humilier, se rabaisser, reconnaître des accusations qu’ils avaient vigoureusement rejetées devant les tribunaux.
Souleymane Condé, après son départ du FNDC, a même créé un parti politique, la Diversité républicaine de Guinée, pour, dit-il, se battre pour l’alternance démon-cratique. Mais le Prési Alpha Grimpeur tient, comme la prunelle de ses yeux, à sortir vainqueur de ses combats contre ses opposants. Désormais, la règle est très claire : Soit tu te ranges, soit tu crèves. Aux opposants de choisir.
Avec lelynx.net

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