Quand l'ombre du général Konaté plane encore sur Macenta

Quand l'ombre du général Konaté plane encore sur Macenta
0 commentaires, 13 - 3 - 2019, by admin

Par Hamballi
Entre l'ancien président de la transition et la ville de Macenta, au coeur de forêt guinéenne, c'est une longue histoire. Une histoire d'amour et de respect.
Avant son grand retour à Conakry pour " mater" les soldats qui étaient en train de pourrir le régime de feu Conté en raison du fameux " bulletin rouge", le général Sékouba Konaté a servi pendant 7 longues années le long de la frontière avec le Libéria, la Sierra-Léone et la Côte d'Ivoire. Il avait installé son Quartier Général dans la ville de Macenta.
Pour rappel, c'est en raison de ces hauts faits d'armes dans cette ville, entre autres, que l'ancien président de la transition est dévenu célèbre, populaire, une icône au dimension national.
Lors des agressions rebelles qui avaient visé la Guinée dans les années 2000, la ville de Macenta avait essuyé deux attaques majeures des pyromanes venus du Libéria.
Il aura fallu le caractère trempé du général Konaté assorti de ses qualités incontestables de chef de guerre, fin chef militaire pour mettre hors d'état de nuire la horde de rebelles qui voulaient marcher sur Conakry et renverser le vieillissant et malade général Lansana Conté.
Depuis lors, les populations de Macenta adoptent l'ancien président de la transition. Ils le considèrent ni plus, ni moins comme un vrai fils du pays Tomas.
Plus de dix ans après avoir quitté la cité, son ombre plane toujours sur Woko et Bamala. Le souvenir du général Konaté reste encore vivace au sein des populations de la ville de Zégbélamou Togba.
" Sékouba Konaté, c'est un guerrier. Un homme humble qui n'est pas hautain", témoigne Charles Guilavogui.
Paul Dopavogui
aussi témoigne: " l'ancien président de la transition avait réussi à s'intégrer. Malgré ses qualités de grand responsable militaire à une époque aussi trouble, Konaté vivait avec les population qu'il aimait. Il amait la jeunesse de Macenta. D'ailleur, certains éléments de sa garde rapprochée étaient originaires de Macenta. C'est le cas de De Gaulle. Konaté aime Macenta. Macenta aime Konaté. Ici, nous le considérons comme un des nôtres".
Même sentiment chez tous les habitants de Macenta, de toutes les couches socio-professionnelles interrogés au pied du Mont Woko par un reporter de nouvelledeguinee.com.
Au début des années 2000, des rebelles lancent de violentes et sanglantes attaques contre des villes de la Guinée Forestière. Guécckédou et Macenta sont dans la ligne de mire. Au coeur de la guerre. Le feu président Lansana Conté y dépêche en catastrophe son " fils" adoptif et spirituel.
Le général Konaté débarque en force dans la région. Avec une mission impossible: mettre les rebelles hors d'état de nuire et sécuriser la frontière allant de Kondébadou à Lola.
Une mission périlleuse que l'ancien président de la transition accomplira avec succès. Vers la fin des années 2000, le président Conté est confronté à une mutinerie qui menace dangeuresement son régime moribond. Un certain Pivi sort de l'ombre et fait la loi à Conakry. Il va jusqu'à suspendre la police au nom du fameux " bulletin rouge". Claude Pivi, alias Coplan et de nombreux militaires, apparemment à la solde d'un certain Dadis Camara, règnent en maître absolu dans la capitale.
Conté, diminué par une longue maladie est acculé. Dos au mur. Seul. Son ultime espoir pour reprendre la main: le général Konaté. Le président fait aussitôt appel à ce dernier sur conseil de certains habitués du sérail. Le natif de Kissidougou rentre à Conakry. Aussitôt arrivé, le " Tigre" connu et redouté dans la grande muette, les jeunes militaires, font profil bas. Claude Pivi, Saa Alfonse Touré et même le capitaine Moussa Dadis rentrent dans les rangs sous peine de subir les foudres du " guerrier". Ils se plient sans se faire prier aux exigences du général Konaté. Sans effusion de sang. Le " Tigre" étant déterminé à en découdre jusqu'au bout.
Grâce à Konaté, Lansana Conté retrouve la paix et le sommeil. Il redevient président. Jusqu'à sa mort le 22 décembre 2008.
Et arrive, quelques mois plus-tard le Conseil National pour la Démocratie et le Développement. Une autre histoire.

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